IZIPest » Actualités » « Être humble face à la nature » – Suis-je Bête Ep. 5
Pour ce 5e épisode du podcast « Suis-je Bête ? », le podcast d’IZIgroup qui explore votre interaction à l’animal, nous avons pu échanger avec Patrice Franco, directeur territorial de la Ligue pour la Protection des Oiseaux en Auvergne-Rhône-Alpes.
Issu du monde de l’entreprise, Patrice est aujourd’hui pleinement engagé pour la protection de la nature et de ses espèces.
Un épisode pour mieux comprendre et appréhender le monde des volatiles, les menaces auxquelles ces espèces sont confrontées, mais aussi les situations dans lesquelles certaines d’entre elles peuvent poser question dans nos environnements.
Une mésange au jardin, une hirondelle sous un toit, une alouette au-dessus d’un champ.
On les croit anodines. Pourtant, ces présences familières en disent long — sur elles-mêmes, mais surtout sur nous.
Là où beaucoup entendent un simple décor sonore, les scientifiques lisent un bilan de santé : celui de nos campagnes et de nos villes, de nos sols et de nos eaux, de nos façons de produire et d’habiter.
Car les oiseaux dépendent de tout ce qui les entoure : les insectes et les graines dont ils se nourrissent, les sols et l’eau dont cette nourriture dépend, les haies, les cavités et les milieux où ils nichent et se reposent. Ils relient une espèce à son territoire, un animal à son milieu.
Et là encore, il est possible de distinguer deux profils de volatiles.
C’est cette capacité d’adaptation qui émerveille Patrice Franco, qui observe les oiseaux de près et invite l’Humain à garder un rapport humble à la nature.
« Plus on l’observe, plus on découvre des choses extraordinaires. […] Quand on parle d’une barge rousse qui va faire 13 000 km sans escale, du faucon pèlerin qui pique à près de 400 km/h, on est admiratifs au regard de nos propres capacités, nous, humains. »
En Europe, les oiseaux des milieux agricoles ont chuté d’environ 42 % entre 1990 et 2023. C’est l’un des signaux les plus nets du déclin de l’avifaune, car ces espèces sont directement touchées par la transformation des paysages, la raréfaction des insectes, l’usage des pesticides et la disparition des habitats favorables à la nidification.
« L’oiseau est visible, chantant, familier. Il parle au grand public parce qu’il se voit, s’entend et s’observe facilement. »
Mais derrière cette proximité, les menaces sont nombreuses : disparition ou détérioration des milieux, urbanisation, bruit, raréfaction des ressources alimentaires, artificialisation des sols, évolution des pratiques agricoles ou encore conditions climatiques plus instables.
Certains oiseaux déclinent. D’autres se déplacent. D’autres encore s’adaptent.
Et c’est là que le sujet devient plus complexe…
Parler de volatiles « nuisibles » demande de la nuance.
Un oiseau peut être considéré comme tel dans un contexte précis, lorsque sa présence crée un risque sanitaire, matériel, réglementaire ou environnemental.
C’est notamment le cas de certaines espèces comme le pigeon biset, le goéland argenté, l’étourneau, le moineau domestique ou la mouette rieuse.
En ville, sur des bâtiments, dans des zones de stockage, autour de sites alimentaires, d’entrepôts ou d’espaces recevant du public, leur présence peut générer plusieurs problématiques : fientes, salissures, nuisances sonores, dégradation du bâti, obstruction de zones techniques, présence de nids ou risques de contamination sur des surfaces sensibles.
Les nuisances liées aux pigeons en ville sont par exemple associées aux déjections, à la dégradation des bâtiments, au bruit dans les toitures ou encore à la présence de parasites.
Chez les goélands, les nuisances urbaines sont également documentées, notamment en lien avec la nidification, le bruit, les salissures ou l’accès aux déchets alimentaires.
L’étourneau sansonnet peut, lui aussi, générer localement des nuisances sonores, olfactives ou agricoles lorsque les rassemblements sont importants.
En savoir plus sur ces nuisances ?
Regardez notre replay du webinaire « Quand les oiseaux posent problème : enjeux, espèces, fauconnerie et formation »
C’est pour cela que la gestion des oiseaux ne peut pas se résumer à une intervention rapide…
Avant d’agir, il faut identifier l’espèce, comprendre son comportement, évaluer le niveau de risque, tenir compte de la période de nidification et vérifier le cadre réglementaire.
C’est un point essentiel : certaines espèces citées, comme le moineau domestique, le goéland argenté ou la mouette rieuse, figurent dans la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire français. La destruction ou l’enlèvement des nids et des œufs, ainsi que la capture ou la destruction des oiseaux, sont encadrés par la réglementation.
La formation CertiVolatiles®, dispensée par IZIPest, prend alors tout son sens. Elle permet aux professionnels du pest control de mieux connaître la biologie et le comportement des volatiles dits nuisibles, de maîtriser la réglementation applicable et de mettre en œuvre des techniques de lutte adaptées.
Gérer les espèces volatiles nuisibles ne consiste donc pas simplement à intervenir sur une présence animale. Il s’agit de distinguer une nuisance réelle d’une simple cohabitation, de choisir les bonnes méthodes, de respecter les contraintes techniques et réglementaires, et d’apporter des conseils clairs aux clients.
Entre protection de la biodiversité et gestion des risques, l’enjeu reste le même : mieux connaître le vivant pour mieux cohabiter avec lui.
Retrouvez cet épisode du podcast « Suis-je Bête ? » by IZIgroup avec le Dr Romain Lasseur et Patrice Franco pour mieux comprendre les enjeux liés aux oiseaux et à leur place dans nos milieux.